2012, Abeille de Rueil-Malmaison, Michel Bardin

En ce début d’année, Pierrot et Claudette nous invitent à participer à une trace VELOCIO qui doit nous conduire début avril à GRAMBOIS.
Après quelques sorties musclées, merci Christian pour ces nouveaux parcours vallonnés, nous arrivons la veille du week-end de Pâques à Pernes-les-Fontaines, chez Pierrot et Claudette.

Mais au juste, c’est qui VELOCIO et la trace du même nom ?
VELOCIO, né Paul de VIVIE, a vu le jour à Pernes-les-Fontaines en 1853. Il se passionne très jeune pour la vélocipédie et, malgré sa lourde machine, les sorties sur de longues distances ne lui font pas peur, (voir musée du cycle à Pernes, sous la Mairie). C’est le cyclotourisme avant l’heure. Habitant Saint-Etienne, le printemps venu, avec ses amis qui le surnomment VELOCIO, ils descendent à vélo, en Provence à la recherche des premiers rayons de soleil.
A sa mort, la Fédé de l’époque, crée le label Pâques en Provence, quatre-vingts ans plus tard huit abeilles, vont modestement perpétuer cette transhumance Pascale.
A la différence d’une flèche pour laquelle on doit pédaler 24 heures pour un parcours de 360 km minimum, la trace impose l’arrêt du cyclo à la tombée de la nuit, et de reprendre la route le lendemain, parcours minimum 205 km.
Le samedi, il est prévu de faire le tour du Mont Ventoux, puis le dimanche départ de Pernes pour rejoindre GRAMBOIS, lieu de la concentration.
Le vendredi soir, Gérard, Maxime, Thierry, Jean-Pierre, Roger, Mimi, Jocelyne et moi-même sommes les hôtes de Claudette et Pierrot. Beaumes-de-Venise pour arroser ces retrouvailles, puis sucres lents au menu, afin d’éviter les coups de pompes du lendemain.

Samedi 7 Avril (Tour du Ventoux)
Samedi 7h30, après un solide petit déjeuner copieux, nous quittons le chemin de la LANDRA. Nous nous élançons sur les petites routes du VAUCLUSE, chères à Pierrot. Six vélos, un tandem, huit abeilles qui malgré l’heure matinale, avancent prudemment sur ces routes étroites qui ne cessent de tournoyer à travers champs et vergers.
BEDARRIDES, premier contrôle de notre trace, arrêt bref, le vent est absent, mais nous redoutons le réveil du mistral.
Au loin nous apercevons les Dentelles de Montmirail, la route s’élève peu à peu à travers les vignobles de VAQUEYRAS et GIGONDAS, mais pas le temps aujourd’hui d’une dégustation. Nous laissons sur notre droite SEGURET, village pittoresque à l’ambiance typiquement provençale, bâti au pied d’une colline.
Halte à Vaison-la-Romaine, ancienne ville gallo-romaine, et son célèbre pont qui résista aux fureurs de l’Ouvèze. Contrôle à l’office du tourisme, puis récupération autour d’un café et d’un encas, il nous reste un col et 20 km avant le déjeuner.
Sur cette trace nous n’empruntons pas le circuit traditionnel du tour du Ventoux, bien connu des Abeilles. Pierrot innove, et après avoir longé l’Ouvèze, à Mollans, la route s’élève vers le premier col de la journée. C’est aussi la première grosse difficulté de l’année et malgré les sorties en vallée de Chevreuse, rapidement le souffle et les jambes me font défaut, je mouline jusqu’au col.
Au-dessus de nous, la masse du Mont Ventoux, en contre-bas le Toulourenc, torrent au débit souffreteux affluent de l’Ouvèze.
Enfin la descente, agréables slaloms sur de larges lacets, et dans quelques instants nous allons retrouver Claudette et Maxime pour un déjeuner réparateur. Tables et chaises pliantes nous attendent pour les agapes, mais attention l’heure n’est pas à la sieste, malgré les tentatives de Jean-Pierre, il faut repartir.
Direction Sault, Thierry nous quitte momentanément pour le pointage de Montbrun-les-Bains. La seconde difficulté de la journée se profile, elle doit nous mener à la ferme Saint-Hubert, point culminant de notre randonnée, 835 mètres.
Sault, troisième contrôle, 100 km au compteur, il en reste 45, Jocelyne, Jean-Pierre et moi-même, succombons aux tentations de la boulangerie, de belles parts de flans aux pruneaux ne seraient nous faire du mal. Au campanile, sonne 15 heures, il est temps de repartir.
Pas de gorges de la NESQUE cette année, la route s’étire entre garrigues et plants de lavandes ; pour profiter de leurs fleurs mauves et odorantes, il faudra repasser !
Au point de vue, nous retrouvons le groupe contemplant les méandres de la NESQUE. Enfin la ferme Saint-Hubert, promesse d’une longue descente sur METHAMIS, nous traversons Venasque, Saint-Didier. A 17 heures, la première partie de la trace se termine, 1500m de dénivelé et 146 km au compteur.
Tandis que les cyclos se douchent, Claudette mise à contribution depuis le début de ce week-end s’active au fourneau, Pierrot de son côté se charge du barbecue.
Les efforts de la journée nous ayant ouvert l’appétit, les convives vont faire honneur à la cuisinière.
A 22 heures, tout ce beau monde est au lit, demain reprise des festivités, départ 6h30, car nous devons pointer nos cartons à GRAMBOIS avant 11h00. 28

Dimanche 8 Avril (PERNES – GRAMBOIS)
Au cours de la nuit, le mistral s’est levé, le souffle du vent accompagné de forts grondements secoue le camping-car. La nuit sera courte, 5h45 le réveil sonne, il fait encore nuit et après une toilette de chat, nous déjeunons.
6h30, direction GRAMBOIS, le lieu de la concentration. Premiers coups de pédale, les jambes tournent bien, un virage à droite, direction l’Isle-sur-la-Sorgue, puis soudain, une rafale plus forte déséquilibre le vélo, il faut s’agripper au guidon.
Pierrot, Gérard et Thierry, donnent le tempo, 24, 28, 30, le compteur s’emballe et ça va filer ainsi jusqu’au pied du LUBERON.
Cette fois ci la côte de VIDAUQUE nous est épargnée. La montée sur BONNIEUX est beaucoup moins raide, et avec l’aide du vent, nettement plus agréable.
Un dernier effort et nous voici à BONNIEUX, avant dernier pointage dans un bar, c’est l’occasion de se réchauffer avec un bon café, car c’est bien connu, le mistral n’apporte pas la chaleur.
Passé BONNIEUX, la route s’élève encore un peu, puis c’est la longue descente sur la combe de LOURMARIN. D’un lacet à l’autre le vent nous pousse ou nous refoule, ce n’est pas le moment de lâcher le guidon.
A LOURMARIN, Claudette et Maxime nous rejoignent. Avant CUCURON, le groupe se scinde en deux, car depuis quelques kilomètres nous avons le vent défavorable. On se perd dans le village, nous rencontrons des cyclos de l’ACP, ils n’ont pas vus d’ABEILLES.
Nous continuons notre chemin et retrouvons Gérard et THIERRY, auxquels nous remettons nos cartons, il faut les enregistrer avant 11h00. Ils repartent avec, et je n’ai pas l’intention de les suivre, il reste 15 km et nous sommes dans les temps.

10h45, GRAMBOIS apparaît, bâti sur un promontoire, ce sera notre dernière bosse. Le petit village grouille de cyclos, et il faut se faufiler avec le vélo pour rejoindre la place du village. L’essaim se reforme, nous pointons aux stands de l’ACP et de la FEDE (Challenge de France).
Il est temps de récupérer autour d’une bonne bière, et tenter de visiter GRAMBOIS, ce qui n’est pas une sinécure vue la foule.

Nous retrouvons les voitures déposées deux jours auparavant, chargement des vélos et contrôle de la fixation de la galerie, car le mistral ne relâche pas son effort.
Au retour, arrêt à CUCURON, dans une auberge, l’heure de la détente est enfin venue. Apéritif et bonne chair pour fêter cette première trace VELOCIO.

A 17h00, nous retrouvons notre confortable gîte, je peux alors déboucher le champagne que j’avais amené avec moi pour fêter mon départ à la retraite. Madeleine BALLIGAND, la maman de Pierrot nous a rejoint et retrouve Roger HERY, qu’elle connut jeune homme voilà 50 ans, lorsque Roger titillait aux sprints l’ami Pierrot.

Le week-end se termine autour d’une bonne table, Claudette nous aura gâtés durant ces quatre jours. Demain lundi de Pâques, retour au bercail pour certain, car il faut reprendre le collier.

Jocelyne et moi quittons Pernes le mardi matin, dernier remerciement, ils vont pouvoir se reposer, Réglisse, le chien de la maison, nous fait la fête. Merci Pierrot et Claudette pour se super week-end, et à bientôt dans le NOOORD.

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