RECITS DE TRACEURS


CS Provençal Aix en Provence (13)


La Trace Velocio 2008 ou
“On peut toujours découvrir des choses nouvelles...”


A l’invite des collègues des sorties du mercredi, je me laisse entraîner dans une aventure nouvelle pour moi: la Trace Velocio. Le principe est très simple: boucler un maximum de km en 24h pour rejoindre St Paul Trois Châteaux, lieu 2008 de rassemblement de “Pâques en Provence”. J’avoue ma petite inquiétude avant le départ, étant plutôt “juste” en forme et en endurance par rapport à mes collègues. Inquiétude renforcée par l’annonce d’une météo pour le moins médiocre pour le week-end de Pâques, confirmée par un froid inhabituel et la pluie les jours précédant le départ. Mais on est inscrit ... on va y aller ! Pour être tout à fait honnête, la pluie a eu moins l’avantage de me donner une excuse pour ne pas nettoyer le vélo avant le départ !

Trois équipes s’élancent au petit matin du 22 mars, sous un ciel ma foi plus radieux que prévu, mais sous une fraîcheur toute hivernale. Les optimistes disent: “c’est gagné”, les prudents: “on verra à Sisteron”. Chaque groupe suit un itinéraire différent jusqu’aux Mées, point de ralliement pour la pause midi.

Mon groupe se compose de Chantale, capitaine de route, son fidèle chevalier René, Charles, Alain et moi-même. Il ne faudrait pas oublier notre fée Clochette, Marie-Thérèse, qui nous suivra tout au long de la journée, emportant bagages, prenant les photos, récupérant les vêtements superflus, pourvoyeuse d’eau et positionnée aux endroits stratégiques pour nous éviter les erreurs d’itinéraire. Une fée vous dis-je !
Le menu du jour est appétissant: 196 km pour rejoindre Sahune, 20 km au nord est de Nyons, via Manosque, Sisteron, le col de la Flachière (pas facile à trouver sur une carte !).

Au vu de la distance, le rythme est tablé sur 20 km/h, petits arrêts compris comme le précise notre mentor André. Passent les parcours maintes fois faits: Pertuis, La Bastide des Jourdans. Voilà déjà Manosque que Giono m’avait fait rêvé petit village provençal et qui est une ville champignon animée, mais si loin de mes lectures adolescentes ! Sortie de Manosque, vue grandiose sur les Alpes enneigées (de la fraîche).
La seule question que chacun se pose en son for intérieur, sans le laisser transparaître, c’est: la limite de la neige est-elle plus ou moins haute que 870m ? C’est que c’est l’altitude du col à franchir l’après-midi.

Le vent commence à se faire sentir sur la remontée de la vallée de la Durance et la pause midi aux Mées est la bienvenue. Les trois groupes se retrouvent en faisant presque mine de ne pas se reconnaître ... nous sommes sensés suivre des itinéraires différents, je vous le rappelle.
Toujours le vent contraire, quelques bosses bien senties et voici Sisteron, vu de son plus beau profil de la rive gauche de la Durance. Après Laragne, la neige commence à poindre sur les bas-côtés au nord. Inquiétant, d’autant que les nuages noirs apparaissent devant. En se rapprochant ils se transforment en une bruine blanche. Pas de doute, il neige devant et l’itinéraire nous y conduit directement. A Trescleoux, nous y sommes, giboulée de neige. Vêtements de pluie, hésitations, car si la fée Clochette nous apporte capes et K-ways, elle nous apporte aussi la tentation d’une voiture bien chaude ! Courageux, nous résistons à cette tentation et repartons. Bonne décision car finalement l’averse de neige est légère et ne dure pas. La montée du col de la Flachière est un régal pour le non-grimpeur: montée régulière à 2 ou 3% sur un billard bien roulant, juste ce qu’il faut. Photos au col: c’est un nouveau col pour tout le monde. Encore quelques kilomètres et nous voici au point de rendez-vous à St André de Rosans. Je reste persuadé qu’André Beccat l’a choisi à dessein.

Comme de bien entendu, nous sommes les derniers arrivés et le temps de voir arriver un chocolat chaud, délicieux mais brûlant, voilà que tout le monde repart ! Cruel dilemme.

  • Option 1: Se brûler la langue et rejoindre la troupe
  • Option 2: Se priver d’un si bon chocolat
  • Option 3: Boire tranquille, déguster et voir venir.
  • Nous ne sommes plus qu’à 33 km du but, le chocolat est super, il fait froid, c’est donc tout naturellement cette option qui est retenue après bref conciliabule interne.
    Mais, sur cette Trace, il n’y a pas que la fée Clochette, il y a aussi un président qui a l’oeil partout et qui a fait demi tour pour m’attendre. Bonne précaution car tout le monde dans l’auberge m’indique à gauche la route de Rosans, alors qu’on doit prendre à droite celle du Moulin de Mange-Fèves (je n’invente rien !). Bras sur le guidon de triathlète, Patrice me ramène vite fait sur le groupe, il n’y a juste que dans le petit faux plat remontant qu’il faut serrer les dents pour rester dans la roue. Le final est bien sympathique, faux plat descendant presque continu: la moyenne remonte !!

    Hôtel simple et chaleureux à Sahune. Repas très convivial, chacun y va de son histoire. A retenir la prestation d’André dans ses chansons de geste: l’une médiévale et bien bouclée et une marseillaise pantalon plutôt débouclé. Les participants me comprendront. Pour les autres, que cela les incite à faire la Trace l’année prochaine. Comme le dit si bien Mr Michelin, “ça vaut le voyage” !

    Quelques heures de sommeil et vient le moment vraiment désagréable: le lever à 5h et le départ dans la nuit à 6h. D’autant qu’il fait froid et que, toutes les minutes du premier quart d’heure de route, Alain nous annonce de sa forte voix: -1° .... -2°. Des protestations sourdes sont perceptibles dans le peloton. Extinction des éclairages à Nyons, et une bonne remontée sur Rousset les Vignes se charge de nous réchauffer. Retenez le nom de Taulignan, magnifique village provençal encerclé par ses remparts et tours. C’est sûrement celui là qu’évoquait Jean Giono.

    Ce sera un jour de mistral à n’en pas douter et il se fait sentir le bougre dès qu’il a la mauvaise idée de ne pas nous pousser. Cette idée ne lui viendra qu’après Réauville pour un final “boulet de canon”. La modestie m’oblige à dire que c’est toujours le cas dans les faux plats descendants avec vent de dos.

    Arrivée à St Paul Trois Châteaux, déjà très fréquenté par des cyclos venus de toute la région. Je laisse là mes compagnons de route, car la famille se réunit pour Pâques à Aix. Certes, les jambes sont un peu lasses mais les sympathiques endomorphines sécrétées par mon corps me font sentir cette fatigue avec un grand bonheur. Je l’ai fait.
    Un conseil de “néophyte”: faites-le !
    Jean-Claude Yvon

    Pâques en Provence 2008


    Par 3 Traces « Véloccio » nous sommes parvenus à rejoindre ce charmant village de la Drôme qui répond au nom de « Saint Paul Trois Châteaux ».
    Pour les 12 participants à ces traces, le maître mot qui nous vint immédiatement à l’esprit fut une fois de plus le « Temps » et ses caprices.
    Ce fut en effet Pâques aux tisons, surtout sur la route. Mais nous ne dénombrerons aucun abandon, malgré des états de forme loin d’être au top (félicitations à tous).
    Nous avons pu également passer une excellente soirée à Sahune, près, voire un peu trop près pour certains, de la cheminée, en compagnie de notre fidèle, à ces rendez-vous pascaux, Gilbert Liotard et un couple d’amis cyclotouristes.

    Un grand merci à André qui, par un investissement certain, a su nous organiser cette sortie et nous enrichir notre livre de souvenirs. Cerise sur le gâteau, il nous a dévoilé ses talents de chanteur m’autorisant à croire qu’il pourrait nous rejoindre Jacques Hatier ou moi-même dans nos chorales respectives.

    Merci aussi à « Marité » pour son accompagnement rassurant.

    Vivons 2008, bien sûr, mais souhaitons pouvoir renouveler cet évènement, déjà en 2009 et plus si affinité.

    Patrice Paineau

    Trace Velocio 2008 vue par Chantale


    Nous voici tous réunis aux Platanes pour le grand jour, ce samedi 22 mars : Alain Becker, Charles Brillet, Jean-Claude Yvon, René Scorletti et moi-même. 7h45, prêts pour le départ de notre trace, direction Sahune pour ce soir et demain matin Saint Paul Trois Châteaux.

    Contre toute attente, le beau temps est au rendez-vous et malgré les 4°C nous démarrons avec enthousiasme. La Bastide des Jourdans, Manosque, Les Mées où nous apprécions notre casse-croûte sous la protection des « Pénitents ». Mes coéquipiers étant très attentionnés, ils ont droit aux oeufs de Pâques en chocolat transportés dans ma sacoche. Là nous retrouvons les traces de Josette et Florence pour quelques instants de convivialité avant de repartir chacune suivie de ses partenaires. Que les montagnes sont belles sous leur manteau de neige resplendissant au soleil ! Sisteron nous accueille nimbée de lumière. Ses vieilles maisons étroitement serrées s’étagent jusqu’à l’élan final de la citadelle qui se détache sur le ciel pur. Au pied, la Durance toute verte lui fait un écrin scintillant. La Durance nous accompagne le long de la petite route de Ribiers jusqu’à Laragne. J’ai une petite pensée émue : ce fut mon premier poste à mon arrivée dans l’Académie d’Aix-Marseille. Puis, peu à peu, le ciel se couvre. Les nuages deviennent menaçants.
    Après Trescléoux nous redoutons les bourrasques de neige que nous voyons au loin descendre de la montagne sur la vallée, nous y allons droit dessus. Nous voilà sous un violent vent de face avec une giboulée de neige qui nous fouette le visage. Marie-Thérèse, qui nous accompagne depuis notre départ, est là, rassurante. Elle sort de sa voiture, s’inquiète pour la poursuite du programme ; elle est prête, sur une demande angoissée de René, à me prendre à ses côtés, mais je refuse.

    Ce n’est que le début de l’averse, elle ne durera peut-être pas… Nous repartons courageusement malgré le froid glacial. Et, surprise ! Le ciel m’a entendue ! Peu à peu la neige cesse, se transforme en une pluie légère qui ne nous gêne plus. Nous poursuivons, tranquillisés par l’assistance souriante de Marie-Thérèse. Que trouverons-nous au col de La Flachière ? Il se révèle n’être qu’un long faux-plat montant. Une perturbation est bien gentiment restée à notre droite et une autre sur notre gauche, juste une percée au centre pour notre passage. Jean-Claude immortalise ce moment dans sa « boîte à images ».

    A Saint André de Rosans nous nous retrouvons tous pour poursuivre la descente sur Sahune.
    « Pas besoin de repas ce soir », nous affirme André, « nous passons à Mange-Fèves ! ». La pluie menace encore et nous « traçons » au maximum pour arriver à Sahune bien essoufflés mais épargnés par les intempéries. Charles, avec une côte fêlée, est heureux d’avoir fait le parcours sans trop souffrir. Le repas du soir est animé ; les jambes sont lourdes pour gravir les escaliers jusqu’aux chambres.

    Le réveil à 4h15 est redoutable. Départ au petit matin à 6h pour découvrir les paysages de la Drôme. Il fait 0°c mais la route est sèche. La nuit est claire. La pleine lune entre deux collines sur un ciel bleuté joue à cache-cache avec les nuages au-dessus d’une large prairie gelée que j’ai prise tout d’abord pour un lac aux eaux vertes. Puis un ciel plus chargé nous accompagne jusqu’à Nyons, mais pas de vent. Il commencera à vraiment souffler après Nyons, il dégage le ciel, fait briller le soleil levant, mais, dur ! dur ! quand il est de face. Malicieusement, Alain fait accélérer l’allure …nous risquerions de tomber !... il faut suivre ! Ce n’est pas facile mais le but est tout proche. Nous passons non loin de Vinsobres, une petite goutte m’aurait-elle aidée ?... Au loin la silhouette du château de Grignan. Nous admirons le château de Roussas serti dans un petit village accueillant avec ses maisons aux terrasses ensoleillées. Nous sommes à deux pas de l’autoroute mais les vaches paissent tranquillement dans la vallée bucolique. Enfin le vent va nous pousser jusqu’à Saint Paul Trois Châteaux où nous sommes heureux de retrouver Anne, Stéphane, Joëlle et Jean-Noël qui, la veille, ont participé aux festivités de Pâques en Provence.

    Merci à André pour ce beau parcours qu’il a travaillé depuis plusieurs mois. Même les horaires prévus ont été respectés à la minute près ! Ce sont des moments d’amitié partagée qui ne s’oublient pas.

    Chantale Scorletti

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    Dernière révision de cette page: 10 Décembre 2009 (23h18mm)